De la parité politique et professionnelle à la méritocratie

Dans le cadre du débat national tout à fait louable sur l’égalité femmes-hommes et de la présentation du Pacte pour l’égalité par le laboratoire de l’égalité, nombreux sont les partis qui prônent l’application plus rigoureuse de la parité politique et la mise en place d’une véritable parité professionnelle au sein des entreprises.

Tous les candidats ou presque s’accordent sur le papier. Cela doit relever du politiquement correct. Mais en pratique …

La loi sur la parité politique existe déjà. L’UMP a clairement fait savoir que cette loi ne le concernait pas directement. D’autres partis politiques s’amusent à plaisanter sur la nature du féminin de candidat qui serait … « suppléante ». Cette loi ne manquera pas de faire encore couler beaucoup d’encre. Et elle sera l’occasion pour la majorité des femmes élues de remettre en cause leur légitimité.

Pourtant, à cela, on commence à parler d’une loi sur la parité professionnelle. Ce n’est encore qu’un concept sur le papier mais M. Bayrou prévoit déjà dans son programme des sanctions aux entreprises qui ne la respecteraient pas. Encore un beau cas d’école pour imaginer la mise en pratique d’une telle mesure. La parité dans tous les domaines professionnels ?

L’inflation législative est un mal bien connu. Si la dénonciation de ce phénomène est aujourd’hui unanime, les enjeux électoraux favorisent la surenchère.

Pour le Front national, La parité politique et /ou professionnelle est  une disposition discriminatoire qui ne permet pas à chacun d’évoluer en fonction de son mérite.
Oui à l’égalité, non à la parité. Oui à la méritocratie, non à la discrimination positive. Dans la mesure où le Front national aura inscrit dans la Constitution : « La République ne reconnaît aucune communauté », seront dès lors interdites dans la législation nationale et au niveau local toutes les dispositions discriminatoires, quelles que soient les intentions de ceux qui les proposent.

Dans une société il existe multitude d’inégalités, d’injustices dès la naissance. Les tendances à vouloir favoriser « une communauté » plutôt qu’une autre ne manquent pas. On peut faire prévaloir toutes les communautés dites « fragiles » , plus exposées, comme les femmes bien-sûr mais aussi les handicapés,  les personnes d’un certain âge, les minorités visibles, les jeunes,  les dyslexiques, ceux qui ne rentrent pas dans la norme des critères de beauté …  Une même personne peut en outre relever de plusieurs communautés et cumule alors les « handicaps ». Pourquoi prendre en compte telle communauté et pas telle autre  ? Où commence et où s’arrête la discrimination positive ? A force de discrimination positive, on crée de la suspicion sur la réussite de chacun.

La sélection au mérite dans la tolérance de chacun, sans exclusion de quiconque, dans le respect des valeurs de la République, reste le principe le plus juste.

Mais dans tout ce débat, le choix des femmes est-il pris réellement en considération ? Est-ce le choix de toutes les femmes de rivaliser à égalité en matière politique et professionnelle ? Parce que, qui dit parité dit qu’il y a autant de femmes que d’hommes qui veulent faire une carrière politique et professionnelle. Est-ce vraiment la finalité de toutes les femmes de faire carrière, quand bien même on leur donnerait toutes les possibilités d’allier vie professionnelle et vie familiale, de rivaliser en parité totale avec les hommes, avoir les mêmes horaires, les mêmes contraintes de déplacements, la même pression professionnelle … ?

Dans cette quête effrénée de notre société moderne d’atteindre une égalité pour tous, c’est sans doute le rêve d’un grand nombre d’intellectuels, philosophes, sociologues, politologues mais s’est t-on simplement demandé si c’était la volonté de la majorité des femmes ?