Atteinte aux lieux de culte … profanation ou vandalisme ?

Selon le petit Larousse, la profanation est l’action de souiller des objets ou des lieux sacrés.

Ainsi, ce mardi 11 septembre, les portes de la mosquée de Limoges ont été couvertes d’excréments. On peut dès lors en effet parler de profanation et condamner l’acte en conséquence. Les peines pourront aller jusqu’à  trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende (article 225-18 du Code pénal ).

Face à la gravité de la situation, tous les médias se sont saisies de l’affaire le jour même (Le Parisien, 20 minutes, le Nouvel Obs, La Croix, Le Figaro, L’Express, Libération, Le Point, ici-TF1, RTL, Ouest France …..). Le CFCM a condamné fermement cet acte, L’Union des Etudiants Juifs de France également, le Ministre de l’Intérieur lui-même a fait un communiqué de presse en rappelant que « s’attaquer à une religion, c’est s’attaquer à la République ».

Dans le même temps, dans la même semaine  :

09 septembre 2012 : 69 tombes sont détruites à Cahors – seul un article dans La Dépêche et un court reportage sur France 3 Midi Pyrénées (à découvrir de toute urgence) ont couvert l’évènement. Les tombes sont « vandalisées » (rapidement il ne s’agira que d’une cinquantaine) ;  il ne s’agit que de « dégradations ». Même si les croix ont été renversées, il n’y a « aucune connotation xénophobe ». « On est sur un fait divers qui n’est pas prémédité » donc à aucun moment, on n’entend parler de profanation. Et pourtant 69 tombes, lieux sacrés, ont été souillées. Les trois jeunes responsables ont été remis en liberté.

11 septembre 2012 : L’église Saint-Benoît est vandalisée dans les Deux-Sèvres – un article dans le seul Courrier de l’Ouest. On ne parle que de vandalisme alors que des vitraux ont été cassés et les allées recouvertes de lancers de pierres (encore, diriez-vous ? Mais non, un geste isolé de jeunes désoeuvrés).

12 septembre 2012 : l’Eglise de Cormery en Indre-et-Loire saccagée et la Sainte Réserve « dévalisée ». Seule la Nouvelle République relate le « fait divers » en titrant « Qui a volé le ciboire de l’église de Cormery ? ». Certes dans l’article on parle à mots couverts d’actes de vandalisme et de profanation. Difficile de faire autrement sachant qu’en s’en prenant au tabernacle, pour les chrétiens, on s’en prend au corps du Christ lui-même. Fait isolé ? dans le même article, on apprend qu’une autre tentative de vol a été commise également à l’église de Courçay le lendemain des faits découverts à Cormery et que des actes très similaires ont aussi été recensés au cours des derniers mois dans le Loir-et-Cher.

Pas de couverture médiatique, pas de condamnation par le CFCM, par l’UEJF, pas de communiqué de Presse de Manuel Valls. Mais bien-sûr il fallait revenir au coeur de la définition … il n’y a pas profanation car il ne s’agit pas de la souillure de lieux ou objets « sacrés ». Il n’y a pas atteinte à la République parce qu’il n’y a pas atteinte à une religion. Soyons lucides : le christianisme est mort et enterré dans l’esprit de nos politiques et de la presse française. D’ailleurs, avez-vous remarqué cette manie très révélatrice de mettre toujours le terme « chrétien » entre guillemets. Cette dérive journalistique est fort révélatrice du malaise ambiant à utiliser ce mot, du bout des lèvres, du bout des doigts. Bientôt, si vous n’y prenez garde, ce sera le mot « français »…