Le Front, une lueur de démocratie sous la République ?

Par S.T. de Pierre-Bénite

L’entrée de deux députés nationaux au sein de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, depuis le 17 juin dernier, est inédite pour le parti Frontiste depuis une bonne trentaine d’années… En effet, en 1986, le nombre de députés FN élus à l’Assemblée, était au nombre de 35 (évènement historique, quand on sait les difficultés en 2012 pour obtenir des élus, toutes élections confondues), époque où M. François Mitterrand avait eu la bonne inspiration d’instituer le scrutin proportionnel. Ainsi, le groupe parlementaire, présidé par Jean-Marie Le Pen lui-même, présentait des figures bien connues, telles que : Bruno Gollnisch, Bruno Mégret, Jean-Pierre Stirbois ou Jacques Bompard (aujourd’hui réélu, mais sous l’étiquette « Ligue du Sud », à l’écart du Front.)

En 1956, notre président d’honneur Jean-Marie Le Pen fut, en plus d’être à vingt-sept ans, le plus jeune député de l’Assemblée Nationale de l’époque, le premier à présenter à la députation, un français de confession musulmane, Ahmed Djebbour, qui sera élu à Alger sous la bannière du FNC (Front National des Combattants.) Preuve est faite du caractère parfaitement « anti-raciste » du Front National, dont les électeurs sont injustement taxés de « racistes primaires » ou « islamophobes ». À l’image du patriarche, Marion Maréchal-LePen, étudiante en Master de droit public à l’université Paris II Panthéon-Assas, est devenue à 22 ans, la plus jeune députée de l’histoire de la République Française, dans la 3ème circonscription du Vaucluse.

Il ne serait point superflu de signaler que Marion est la seule élue estampillée « Front National » à l’Assemblée, puisque l’autre député de la 3ème circonscription du Gard, à savoir Me Gilbert Collard, porte l’étiquette « RBM » (Rassemblement Bleu Marine). L’avocat médiatique, qui est un intervenant récurrent de l’émission de débat les « Grandes Gueules » sur RMC, avec tout son bagou et la verve qu’on lui connaît, n’a curieusement toujours pas fait l’acquisition de sa propre carte du parti. Peut-être anticipe-t-il déjà une « porte de sortie », si l’image du Front nuit trop à la sienne ou à sa propre carrière ? Notre 3ème et ex-virtuelle députée nationale est bien entendu Marine, qui a échoué « d’un cheveu » à l’investiture de la circonscription d’Hénin-Baumont, avec le score très élevé mais insuffisant de 49.89%, face au socialiste Philippe Kemel.

Preuve s’il en est, que ce dernier a bénéficié de tout le battage médiatique et de l’alliance de « l’arc républicain », pour ravir le fauteuil promis à Marine Le Pen. C’est sous cet aspect (et après ce genre d’injustices) que se pose la question de la mise en place de la proportionnelle. Durant cette élection, le Front de Gauche, EELV et le Front National étaient favorables à ce mode de scrutin, car ces « petits groupes » trouvent difficilement des accords électoraux, avec les deux grands majoritaires (UMP et PS) pour obtenir des représentants à l’Assemblée. Selon un système de vote à la proportionnelle intégrale, le FN aurait tout simplement siégé avec 85 mandats sur les 577 que comptent l’Assemblée Nationale ! Le constat est implacable : le mode de scrutin est totalement « dévoyé » et parfaitement « anti-démocratique » !

Différents candidats importants à la Présidentielle de 2012 (Hollande, Sarkozy) avaient proposés entre 10 et 15 % des sièges de l’Assemblée en « dose de proportionnelle », dans le cadre des élections législatives. Néanmoins, ce fut Bayrou qui fut le plus « réformateur » de tous, en proposant une Assemblée réduite à 400 députés, dont 25% seraient choisis selon ce mode d’élection. Aujourd’hui, le thème du « scrutin à la proportionnelle », est remis au goût du jour à chaque élection législative par les « grands partis », pour contenter les « petits », qui veulent instituer une meilleure redistribution des fauteuils de l’Assemblée Nationale. Mais ce n’est bien sûr, pas dans leur propre intérêt… La Démocratie, ce ne sera toujours pas pour demain !