Meurtre de Fatima : crime d'honneur ?

Le meurtre de Fatima, 21 ans, étranglée puis brûlée à La Saulaie à Oullins en juillet 2009  a posé dès le départ la problématique du « crime d’honneur ».

En septembre 2011, Mohamed, le jeune frère de Fatima, 17 ans 1/2 au moment des faits, a été condamné par la cour d’assises des mineurs du Rhône à 15 ans de prison ferme, la peine maximale encourue en retenant l’excuse de minorité. Mais le silence du frère, son attitude passive pendant le procès n’auront pas permis à la cour d’assises de déterminer le mobile de ce meurtre. A noter en outre, qu’en vertu de l’application des remises de peine, ce jeune Mohamed devrait être libre dans 5 ans avant ses 25 ans.

De façon plus générale, il est regrettable qu’en France, il n’existe pas une volonté gouvernementale de se donner les moyens de lutter contre ces « crimes d’honneur » pourtant de plus en plus nombreux et d’élaborer une politique complète en la matière. Si cela était le cas, on pourrait dégager des statistiques et étudier leur évolution dans le temps et dans l’espace. Lire la suite

Réapprenons à nos enfants à aimer la France !

L’enseignement de l’histoire au collège et au lycée a fait l’objet de nombreuses et inquiétantes réformes ces dernières décennies. La révision des manuels scolaires depuis trois ans ainsi que la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire en classe de Terminale S l’an prochain vient corroborer une tendance générale à la déconstruction minutieuse de notre Histoire de France.

La part belle est donnée à la découverte des autres civilisations. De plus, l’histoire réduite à des « flashs » sans date et souvent sortis de leur contexte ne permet plus d’appréhender l’histoire dans une vision chronologique cohérente. Enfin, plusieurs personnages illustres de notre histoire disparaissent ou sont relégués en fin de programme (Clovis, François 1er, Henri IV, Louis XIV et Napoléon notamment).

Cette réforme n’est que l’aboutissement d’une lecture toujours plus culpabilisante de l’Histoire de France. Au regard des ouvrages scolaires, les français sont d’horribles esclavagistes au 18èmesiècle, d’infâmes colonialistes au 19ème s. et de méchants collabos au 20ème s. Le mieux est donc de ne plus en parler et de faire la part belle aux autres cultures plus respectables. L’aboutissement d’une éducation interculturelle.

Or, un peuple qui oublie son passé est un peuple sans avenir. Lire la suite

Comment la France punit-elle ses criminels sexuels ?

On a beaucoup critiqué ces derniers jours le système pénal américain mais la justice française peut-elle se hisser au rang d’exemple en la matière ?

Le 4 mai 2011, une jeune fille de 14 ans est victime, en plein après-midi à la gare de la Part-Dieu, d’un viol collectif par 4 mineurs entourés d’une dizaine d’autres garçons. Le simple énoncé aurait encore fait frémir il y a quelques temps mais devant la banalisation des agressions sexuelles, le titre fait juste vendre. Dans le Progrès du 6 mai 2011, Christine Mérigot écrit « une adolescente effrayée s’est soumise aux exigences d’un groupe de garçons, inconscients de la gravité de ce qu’ils faisaient ». On cerne déjà le grand cas qui va être fait de l’affaire et du peu d’importance qu’on attribue à quelques fellations entre mineurs.

Le 7 mai 2011, un nouvel article du Progrès vous apprend que les jeunes ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. En effet, la jeune fille de 14 ans a été, selon une source judiciaire, certes menacée mais pas frappée et n’ayant pas crié, elle n’a pas « manifesté explicitement son refus ». Les jeunes coqs sont rentrés tels des héros dans leur quartier. La jeune fille et sa famille vont sans doute devoir déménager.

Pour couronner le tout, la scène s’est déroulée en présence du petit ami de la victime qui ne faisait pas parti des agresseurs. Mais, dans le même article une source judiciaire précise :  « ce n’est pas la tournante bête et méchante ».

La France peut se vanter d’être le pays des droits de l’homme mais laissons aux Etats-Unis le privilège d’être celui des droits de la femme.

Sur le même sujet

6 mars 2012   Le sentiment d’impuissance face aux violences conjugales

2 mars 2012   Comment la France punit-elle ses criminels sexuels ? (suite)

17 janvier 2012   Et si arrestation rimait avec condamnation ?

Quel sort pour nos "jeunes" délinquants lyonnais ?

N. Sarkozy l’a dit … la prison ne doit pas être l’école du crime pour les délinquants mineurs. 2007 marque donc le début d’un vaste programme d’ouverture d’EPM (Etablissements Pour Mineurs) au nombre de 7 actuellement dont un à Meyzieu. Leur objectif : faciliter la réinsertion des mineurs par l’éducation plutôt que la répression. Mais, dès l’ouverture de ce centre, les mineurs ont tout cassé. On a remis en cause les effectifs du personnel, sa formation ainsi que la diversité des activités proposées aux mineurs ne leur permettant pas de trouver un équilibre. Mais en aucun cas la raison d’être de ces centres.

Or, 4 ans plus tard, le problème de l’utilité de ces centres est remis au cœur de l’actualité entre les deux EPM de Meyzieu et Lavaur (Toulouse). Prise d’otage, tentative d’évasion, cellules saccagées, surveillants agressés, personnel humilié. Dans le Progrès des 4 mars et 4 avril 2011, les langues se délient au sein du personnel pénitentiaire :

« On a voulu un système très ouvert où l’on offre à ces jeunes le maximum de chances. On a laissé une  porte de sortie après chaque dérapage, espérant une rédemption. Mais à trop parler des droits de ces jeunes détenus, on a oublié qu’ils avaient aussi des devoirs. Certains le disent d’ailleurs ouvertement : l’EPM, c’est la colonie de vacances ». « Le système était novateur mais on a cru à tort que l’assistanat était la solution et allait ramener l’angélisme une certaine population pénale ».  « L’EPM est inadapté pour prendre en charge des détenus très violents qui refusent toute forme d’autorité ».  « Il ne s’agit pas de revenir à un système brutal, mais à des sanctions qui soient graduées et acceptables par tous, et surtout systématiques après chaque dérapage ». « On espère maintenant que l’administration ne sera pas frileuse dans l’application ».