Antennes-relais : la transparence sur la 12ème circonscription ?

Photo CCARRA – Clocher de Sainte-Foy-lès-Lyon

Le casse-tête est de taille.

D’un côté chacun souhaite une couverture de réseau la plus vaste possible sur le territoire, de l’autre personne ne désire une antenne-relais au-dessus de sa tête.

D’un côté, les opérateurs ont l’obligation de s’étendre sur le territoire pour répondre à une demande de service public. De l’autre,  il revient au gouvernement de prendre ses responsabilités protectrices de la santé de la population et d’éviter qu’une catastrophe sanitaire ne se produise.

D’un côté, les opérateurs ne devraient pouvoir installer leurs antennes relais qu’après une procédure d’information, de concertation et d’accord avec les riverains et après avoir apporté la preuve de leur innocuité. De l’autre, les enjeux financiers au niveau national sont tels qu’on peut sans difficulté imaginer la chape de plomb qui s’abat sur un dossier aussi sensible que celui-ci et l’absence de transparence qui s’ensuit.

L’arrivée de Free, 4ème opérateur mobile, sur le marché et la mise en place des licences mobile 4G ne vont rien arranger dans les mois à venir.

Sur la circonscription, les inquiétudes liées aux implantations d’antennes-relais ne manquent pas. L’antenne Orange chemin du Fort à Francheville vient de défrayer la chronique, les antennes-relais boulevard Emile Zola à Oullins font régulièrement parler d’elles, les antennes-relais avenue de Haute-Roche à Pierre-Bénite et les 4 antennes-relais de La Mulatière passeraient dès lors presque inaperçues. C’est sans parler du pylône-arbre démonté fin 2010 par Bouygues à proximité du chemin du Gouttet à Tassin-La-demi-Lune ou de Sainte-Foy-lès-Lyon, champion d’implantations d’antennes relais avec 11 points très critiques.  Free vient ainsi de s’installer sur la maison des aveugles et Orange à l’hôpital-maternité sans oublier les 13 antennes face au collège du plan du loup, un record national ! Le directeur du centre hospitalier assume son choix : “je me fonde sur l’état de la science et Orange m’a assuré que les ondes passeront au-dessus de mes bâtiments (…) je me réfère à la législation”. Si Orange lui a dit …

Sur toutes ces communes, les opérateurs implantent de force et sans vergogne leurs antennes relais sur les domaines privés*, les maires ne pouvant s’y opposer et parfois même sur les bâtiments publics lorsque la municipalité l’accepte dans un souci de bonne couverture de son territoire (Ste-Foy-lès-Lyon par exemple). Et ce malgré le refus des habitants et des copropriétés d’immeubles. On peut notamment déplorer la multiplication des antennes sur les toits des HLM, sans concertation des locataires, relégués au rang de citoyen de seconde zone sanitaire.

*Les propriétaires qui acceptent d’avoir chez elles une ou plusieurs antennes touchent annuellement entre 8.000 et 40.000 € voire plus sans se soucier des problèmes de santé qu’ils vont provoquer.

C.C.A.R.R.A (Coordination Citoyenne Antennes Relais Rhône-Alpes) en lien avec l’association nationale Robin des Toits n’a cessé de dénoncer les dangers de toutes ces installations ces dernières années.

CCARRA est une coordination générale dirigée par M. Jean Rinaldi qui regroupe 215 associations, comités d’intérêts locaux et collectifs de la région Rhône Alpes qui disent non à l’implantation anarchique des antennes relais, sans information et concertation des riverains et en atteinte à leur liberté, leur santé et leur qualité de vie. En accord avec la décision du  Sénat, du Conseil d’Etat et  du Conseil de l’Europe, CCARRA demande  l’application du principe de précaution. L’émission doit être réduite à 0,6 V/m et les antennes relais doivent être éloignées des lieux sensibles, d’autant que les puissances sont amenées à augmenter de plus en plus.

Le souci c’est que la législation française est l’une des moins soucieuses de la santé publique au sein de l’espace européen. Elle autorise des taux d’émissions 100 fois plus élevés qu’en Autriche par exemple. Des mesures sont régulièrement faites sur les installations et à chaque test, les émissions sont toujours conformes à la législation. Parce qu’elles sont effectuées dans des conditions parfois contestables faute d’indépendance prouvée des organismes qui interviennent et parce que la limite française de 61 volts par mètre autorise tous les abus sans contrainte de respect des zones sensibles (écoles, crèches, hôpitaux …) Plusieurs scientifiques s’alarment et avertissent. Plus on avance dans le temps, plus on a d’éléments qui assurent qu’il y a un danger potentiel. Il manque donc d’urgence une loi sur le degré d’émission. De 41 v/m, il faudrait passer à 0,6 v/m. Cela ne nuirait en rien à la qualité de réception. Il faudrait “juste” que les opérateurs multiplient les points d’antennes ce qui engendrerait bien-sûr un surcoût financier. Il ne s’agit jamais que d’un problème de gros sous.

Les municipalités jouent plus ou moins la transparence au sein du territoire et certains témoignent plus clairement de leur volonté d’appliquer le principe de précaution que d’autres. Mais force est de constater que leur marge de manoeuvre est limitée. Il revient au gouvernement de prendre ses responsabilités protectrices de la santé de la population au-delà des enjeux financiers occultes et ainsi d’éviter qu’une catastrophe sanitaire ne se produise. Encore faudrait-il pouvoir espérer que la politique ne soit plus gouvernée par la finance, dans le respect des citoyens …

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