Brèves de la vie mulatine

footLes vacances scolaires invitent petits et grands à se retrouver sur les terrains de foot. Chacun vient un peu à l’improviste en espérant qu’il y ait ainsi suffisamment de monde pour constituer une équipe. Cette tradition s’est doucement instaurée au stade de foot de La Mulatière de sorte que cet après-midi, une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans avaient entrepris un match.

C’était sans compter la présence d’un même nombre de très jeunes (de 5 à 10 ans) spectateurs qui avaient clairement décidé de perturber le jeu (insultes sans relâche à l’attention des joueurs et lancers de pierres) pour notamment s’emparer du ballon. Ce qui finit par être chose faîte. Excédé, un joueur mit à terre le chapardeur pour lui reprendre le ballon dérobé. Toute la poignée de moineaux partit alors mais ce fut bientôt quatre pères d’une quarantaine d’années qui vinrent se présenter sur le terrain. Nos jeunes, sans doute dotés d’une certaine éducation, s’attendaient à être amenés à donner quelques explications pour justifier leur acte et ainsi voir les très jeunes enfants se faire sermonner d’avoir donner du “N… ta M…”, entre autres, pendant une demi-heure en lançant des cailloux. Et quelle ne fut pas leur surprise quand dès leur arrivée, les pères ont pris la défense de leurs chérubins en menaçant de mort les joueurs et en alliant les menaces au geste, passant le pouce doucement sous le menton. Nos ados et jeunes adultes n’en menaient pas large. De sorte que quelques minutes plus tard, notre poignée de moineaux “supportaient” à nouveau les joueurs à coup de noms d’oiseaux et de lancers de pierre jusqu’à ce qu’au final ils récupèrent le ballon que les joueurs leur laissèrent définitivement, la perte de ce ballon étant dixit “le prix à payer pour leur liberté de jouer”.

Je vous laisse seuls juges des responsabilités de chacun face à ces brèves de la vie française qui se multiplient chaque jour davantage et dont plus personne ne fait écho par lassitude, par peur ou par lâcheté. Mais ces jeunes adultes qui sont obligés de se laisser insulter et frapper par des gamins de moins de dix ans, comment voulez-vous qu’ils construisent avec confiance la France de demain que nous voulons leur transmettre ?